Cela fait des semaines, que cet article trotte dans un coin de ma tête… Finalement, peut être que j’ai reculé l’échéance pensant que ce serait passager, que ça ne durerait pas.  C’était sans doute plus pour me rassurer. Parce qu’au fond, je savais bien que ça continuerait, et que j’étais loin d’en avoir fini.

Depuis peu, donc, Bébéchou devient un autre petit garçon. Vous le savez déjà, j’en avais parlé ici. Il y a deux mois. J’avais encore bon espoir. Mais maintenant, j’ai peur. Oui PEUR. Nous sommes en vacances, et nous nous sommes promenés. Beaucoup promenés. Ces balades nous ont permis de croiser du monde, des jeunes, des couples, des plus âgés, des célibataires et … des bébés.

Un seul constat : le mien n’est pas comme les autres. Peut-être n’ai-je pas croisé les bons bébés. Mais… Les autres ne se roulent pas par terre dans les boutiques. Les autres ne poussent pas des cris stridents pour attirer l’attention, et nous casser les oreilles volontairement. Les autres ne se tordent pas en deux pour descendre des bras ou de la poussette, et ensuite ramper au sol. Les autres ne courent pas partout à la recherche de LA bêtise (tenter de balancer la tasse Ikéa de démo, faire du tam tam sur la table basse qui accueille (accueillait) la tasse Ikéa…). Les autres ne tapent pas leur maman quand ils sont en désaccord.

Non.

Les autres sont “sages”. Les autres restent dans leur poussette, parlent – tout seul ou à leurs parents, les autres marchent, courent, mais ne touchent pas à tout ce qui passe sous leur yeux. Les autres jouent tranquillement dans un coin. Les autres s’intéressent à leurs jeux plus de 17 secondes. Les autres ne crient pas comme le mien. Les autres ne crisent pas. Les autres, personne ne se retournent sur eux, personne ne les regarde.

Le mien tape, mord, pince, jette, provoque, n’en fait qu’à sa tête, fait du bruit, partout, tout le temps.
Le mien, tout le monde l’observe, sourit (pour me rassurer?), ou s’exaspère…

Pourquoi ?

Va-t-il changer un jour ? Ou au contraire devenir le petit démon de l’école maternelle ? Puis du collège ?

Le fait de travailler en collège, justement, me fait croiser chaque jour un bon nombre d’élèves, de garçons, qui sont des terreurs, des vrais. Qui tapent, et qui aiment ça. Qui ne respectent rien, et que ça ne dérange pas. Ça me rend dingue d’imaginer mon petit garçon à moi devenir ce petit monstre qu’il n’est pas, au fond (comment pourrait-il être, quand nous ne l’avons jamais été?).

Cela m’a fait MAL de lire le billet de Till The Cat qui a clairement fait TILT. Bien sûr, il est question d’école primaire, mais un jour, bientôt (trop tôt!), il y sera. Et je REFUSE qu’ils soient de ceux là. Ceux qui perturbent. Ceux qui ne connaissent rien au respect. Ceux qui font peur aux gentils, aux maitresses, aux gens biens.

Alors j’essaye… J’essaye d’être autoritaire, ferme, de lui poser des limites, de parler, de beaucoup parler, expliquer, expliCIter… Mais ces efforts sont vains. Ces efforts le font parfois rire, et recommencer, dans les minutes qui suivent. Comme s’il ne comprenait pas que tout ça n’est pas UN JEU

Le punir ? Comment ? A 20 mois, j’ai l’impression que rien ne l’atteint. Rester au coin? Il ne tient pas en place. Le punir “dans sa chambre” ? Pour l’entendre hurler, hurler, pleurer à chaudes larmes… à quoi bon ?

Je ne le montre pas mais… Je suis désemparée.

Il comprend tout tellement bien, sauf ÇA …

[Que je vous rassure quand même (ou alors c’est moi que je rassure, encore une fois) : à côté de tout ça, Bébéchou peut être un ange, aussi, jouer seul pendant 12 minutes 37 (pas plus faut pas trop en demander non plus), nous envoyer des milliers de bisous, et signer “je t’aime” avec ses petites mains dodues au moins 15 fois la minute, éclater de rire quand on le chatouille, et nous chatouiller à son tour, être heureux quand il est dehors, et libre, s’intéresser à tout, être un petit curieux, nous demander de lui lire des histoires, être BIEN…]

Bref, mon fils, ce mi-ange, mi-démon.