C’est idiot, mais depuis que nous avons su que notre deuxième bébé était une petite fille, nous avons de suite pensé notre famille au complet. Ca ne s’explique pas, c’est comme ça. Je crois que si elle avait été un garçon, j’aurais voulu, bêtement sans doute, un troisième bébé un jour, dans l’espoir d’une petite fille ou pas, je ne sais pas, je ne sais plus. Mais BREF. Cela n’a pas été le cas, et à sa naissance, nous étions comblés. Comblés et au complet.

Jusqu’à ce que les mois passent, que les copines commencent elles aussi à parler bébé, enfin. Et voilà. L’envie qui repointe le bout de son nez. Oui, mais non. La fatigue nous prend déjà beaucoup trop de temps à gérer. Un mini ado de 5 ans, et une terrible two à la maison, nous décidons de nous préserver.

Oui, mais.

La vie, elle, veut nous faire un cadeau.

Octobre 2016, je me sens flagada. Fatiguée, mais pas comme d’habitude. Et puis je n’aime plus trop ça, la voiture. Ca secoue. Manger des pizzas ? Ah non, très peu pour moi désormais. Quelque chose cloche. Quelque chose a changé. Et un midi, comme ça, au détour du rayon pharmacie Carrefour, je saute le pas. Et je les vois. Ces deux petits traits. Je crois que finalement je ne suis pas surprise. Au plus profond de moi, je suis heureuse.

Perturbée par tous les changements que cela va entrainer, mais heureuse. Si ce petit oeuf est là, c’est qu’on le désirait très fort, au fond, pas vrai ? 

C’est donc chamboulés mais heureux, que nous décidons d’accueillir la nouvelle avec joie. On commence à se projeter, à s’imaginer. On a peur un peu, mais l’année 2017 nous réservait déjà beaucoup de nouveautés, alors pourquoi pas celle là ? 

Oui, mais.

La vie, parfois, elle est mesquine.

Décembre 2016, 4 jours avant Noël, et la première rencontre officielle. Excitation à son comble, et papillons dans le ventre. Jusqu’à son regard, et ses mots “Natacha, le petit coeur a cessé de battre”. Je crois qu’à cet instant précis, c’est mon coeur à moi qui a cessé de battre pendant quelques secondes. Je garde la tête haute, assise là, dénuée de toute intimité, alors qu’au fond, je rêve de m’effondrer en larmes sous la couette.

“C’est pas si grave, il n’était pas prévu”.

Je prononce ces mots sans les penser, parce qu’il faut dire quelque chose, parce que rien d’autre ne sort. Et puis il faut penser à l’après. A ce qu’il va se passer.  A ce qu’il va falloir annoncer. Oui, annoncer. Parce que notre premier bébé, lui, avait deviné. Sans même qu’on ait eu le temps de lui dire. Il savait.

Alors, lorsqu’il a demandé comment allait le bébé, et s’il était joli, aussi joli que lui, j’ai serré les poings très fort, mon ventre s’est noué, encore plus fort, et puis je lui ai dit “le docteur s’est trompé”