Mes amis les plus proches sauront vous le confirmer : à peine sortie de l’adolescence, mon souhait d’être maman était déjà bien présent. Je savais, au plus profond de moi, que ce rôle changerait le cours de ma vie. Qu’il deviendrait LE rôle, le plus beau, le plus important, celui qui passerait avant tous les autres. Ce que je ne savais pas, en outre, c’est qu’il serait le plus éprouvant, aussi.

A 23 ans, mon ventre s’arrondit enfin. Une grossesse non prévue dans les faits, mais finalement, je crois que mon corps, à cette époque, a tout simplement su exprimer cette envie enfouie depuis longtemps en moi. A 25 ans, mon ventre s’arrondit à nouveau. Cette fois-ci, notre famille est au complet. Le bonheur est à son comble.

Oui, mais.

Aujourd’hui, à 5 ans et bientôt-3-ans, nos enfants nous mènent la vie dure. Je leur voue un amour inconditionnel, bien sûr, mais je broie du noir. J’envie mes amies célibataires ou sans enfant. Je rêve d’une semaine, un mois, TROIS mois, rien que pour moi, rien que pour lui & moi. Nous retrouver, nous recentrer sur ce qui nous a poussé, tous les deux, à devenir une famille.

Attention, je ne regrette pas mes enfants, et je ne compte pas les abandonner sur le bord de la route (jamaaaais), promis. Mais j’avoue être désemparée.

J’avoue perdre mes moyens devant ce petit garçon au comportement si déroutant parfois. Ces agissements traduisent certainement quelque chose (ou peut-être pas ?!), et je ne sais pas le lire, pas le comprendre, pas l’apaiser.

Pour se réveille-t-il en pleurant ? Pourquoi n’écoute-t-il rien, jamais ? Pourquoi négocie-t-il tout ? Pourquoi provoque-t-il en permanence ? Pourquoi ne profite-t-il jamais de l’instant présent ? Pourquoi n’est-il jamais satisfait ? Pourquoi est-il tant inquiet de ce qui va arriver dans 1h, 2 jours, ou 3 mois ? Pourquoi râle-t-il plus qu’il ne rigole ? Pourquoi en veut-il toujours plus ?

Il souffre, je le sens, je le sais. Et je souffre à mon tour, et toute la famille en pâtit.

C’est peut-être d’ailleurs pour cela que ma petite fille si douce et craquante est prise d’angoisse au moment de me dire bonne nuit… Qu’elle ne s’endort que collée à moi ou son père, et nous rejoint chaque nuit, sans exception, dans le lit parental. De quoi a-t-elle si peur ?

Les cernes s’accumulent autant que les cris.

Alors parfois, on lâche prise. Et nous voilà devenir des parents laxistes. Je me vois bientôt à l’antenne et à l’affiche de Super Nanny. Je n’ose plus me regarder dans le miroir, et je ne cesse de me demander ce que j’ai loupé, manqué, raté.

C’est si difficile. Si déstabilisant.

Je savoure chaque instant de répit, aussi court soit-il. Chaque sourire, chaque câlin, chaque petit mot rigolo, chaque je t’aime. Ils me font tenir bon. Ils me font relativiser, un peu. Et j’espère qu’un jour, bientôt, ils feront notre quotidien bien plus que les crises, la négociation, la provocation et la fatigue…
.